Franchimont était une des places fortes de la principauté de Liège. Le château fort défendait une enclave à l'est du territoire liégeois et occupait un promontoire qui domine la vallée. Il fut construit par les maires du palais qui ont précédé Charlemagne. Charles Martel y naquit et Guillaume de la Marck, le "sanglier des Ardennes" y vécut. Les vestiges actuels permettent de suivre l'évolution de la fortification du XIIè au XVIè siècle. Le premier château se concentre au coeur de la forteresse. La grande enceinte, construite sous Erard de la Marck, date du début du XVIè siècle.
D'ici nous avons une vue sur les vestiges du balloir (la tour faisait 26 mètres de diamètre. Les troupes de Louis XIV la firent exploser en 1675), sur le donjon et le portail.
On distingue sur le linteau, de gauche à droite, les armoiries des Aspremont-Linden, gouverneurs de Franchimont, de Maximilien-Henri de Bavière, prince-évêque de Liège et du marquisat de Franchimont.
Sur la terrasse du balloir, la roue de levage en bois est une copie de celle qui se trouve dans les combles de l'abbaye de Saint-Hubert. De tels engins servaient de grues sur les chantiers du Moyen Age. Cette roue de 4 mètres de diamètre fonctionne comme un moulin à marcher. Deux personnes marchent côte à côte dans la roue et la font tourner. La démultiplication des forces permet de lever des charges jusqu'à 3 tonnes.
Le donjon fut renforcé fin du XIVè siècle par le bouclier d'artillerie. Ce "bouclier" de maçonnerie conservé sur plus de 20 mètres de haut est une construction imposante. Les murs sont épaissis pour les protéger des tirs des boulets et les angles de maçonnerie vulnérables sont supprimés. Il réunit les deux tours de part et d'autre par un bec pointu. Les tours et l'éperon sont en maçonnerie pleine élevés à l'aide d'échafaudages. Les trous dans les murs (trous de boulins) servaient à fixer les échafaudages en bois.
Nous voici dans la basse cour. Par opposition à la haute cour, réservée aux seigneurs, la basse cour rassemble tout ce qui concerne la vie et l'entretien du château.
Cette tour carrée est une tour à latrines. Les toilettes étaient présentes à chaque étage. Au XVIè siècle, on avait le sens de l'hygiène et du confort. Un égout reliait cette tour aux écuries et se jetait dans le fossé.
L'épis de pierre qui se dresse devant nous est un vestige de la barbacane de la fin du Moyen-Age. Ses vestiges se prolongent un peu plus loin dans la basse cour. La fonction de la barbacane était de protéger l'accès au vieux château médiéval. La barbacane a été en partie rasée au XVIè siècle à l'exception de cet épis de pierre qui a été maintenu pour servir de pilier à une rampe d'accès au chemin de ronde.
Voici un accès aux casemates du XVIè siècle.
Les escaliers qui conduisent aux casemates nord et ouest 18 mètres plus bas (56 marches irrégulières et la descente commence par une échelle !)
L'entrée de la haute cour.
En haut à gauche du porche actuel, nous distinguons la trace de la plus vieille entrée connue du château. D'anciennes archères défendent son accès. Ces archères ont été bouchées au XVIè siècle. Des travaux de consolidation ont permis de dégager deux d'entre elles.
La haute cour.
La vie dans un château n'est possible que si celui-ci a de l'eau. La récupération de l'eau des toits ne suffit pas mais dans ce château, il y a une source naturelle. La citerne au milieu de la cour est alimentée par cette source qui est en réalité une résurgence des eaux infiltrées dans la partie supérieure de la colline.
| La haute cour vue depuis la cour du donjon |
| Cour du donjon |
| vestiges de murs intérieurs |
| accès au chemin de ronde |
| la cour du donjon |
Nous sommes dans la cour du donjon. Elle se trouve entre le fournil et la grande cuisine du prince.
Dans la cour du donjon, un large puits a été creusé dans la roche à une époque où l'eau récoltée au centre de la haute cour ne suffisait plus. Ce nouveau puits atteint le niveau de la rivère locale, la Hoëgne, 65 mètres plus bas ! Pour atteindre une telle profondeur, le diamètre au sommet est important : 2,5 mètres.
A droite du puits, la boulangerie ou fournil. La partie supérieure des deux fours est reconstituée mais leurs bases sont authentiques. Lorsqu'on mangeait de la viande, les jours de fête, une tranche de pain d'épeautre servait d'assiette.
| vestiges du mur d'enceinte |
En face du fournil, de l'autre côté de la cour du donjon, se dresse une imposante cheminée du XVI è siècle. Serait-ce la grande cuisine, la cuisine des princes-évêques de Liège dont parlent les textes d'archives ?
La largeur de la cheminée est de 3,20 mètres. Sa hotte est supportée par deux montants en calcaire décorés de motifs floraux.
Le donjon primitif est construit sur un éperon rocheux. Au premier niveau, sous nos pieds, une cave voûtée, sans fenêtre, est entièrement creusée dans la roche. Au XIIIè siècle, l'accès à ce niveau s'effectuait par une échelle extérieure que les habitants retiraient en cas de danger. Le deuxième niveau, équipé d'une cheminée, était aussi voûté. Au-dessus du donjon, le guetteur pouvait observer toute la région. Le troisième niveau, probablement le "bel étage", est plus spacieux. Il était chauffé par une cheminée centrale et mieux éclairé grâce aux deux fenêtres à banquettes situées à gauche et à droite de la cheminée. A 15 mètres du sol extérieur, ces ouvertures sont moins vulnérables.
La chapelle castrale St Jean-Baptiste.
Nous sommes à l'étage d'une autre tour carrée. Cette tour fait partie d'un ensemble de bâtiments ruraux élevés dans la basse cour, juste en dessous de nous. Comme l'exige la tradition religieuse de l'époque, la maison du Seigneur n'est surmontée d'aucun étage. La fenêtre la plus étroite, avec son encadrement de calcaire, est authentique.
| entrée de la chapelle |
| vue depuis le chemin de ronde |
Retour dans la haute cour.
La cave voûtée est située sous le corps de logis du XVIè siècle. Les recherches effectuées n'ont pas encore permis de déterminer son ancienne affectation.
Nous sortons de la haute cour
La tour carrée vue d'en bas. A l'étage : la chapelle.
La construction de la puissante enceinte d'artillerie modifie profondément le vieux château médiéval. En s'appuyant sur le mur extérieur de l'ancien château, on édifie une tour carrée. Ici, elle est percée d'un porche. Tout autour, des fondations témoignent qu'à cette époque, des bâtiments comme une brasserie, une grange et bien d'autres occupaient cet espace.
Nous voici devant le château primitif. Cette aile du château du XIIè ou XIIIè siècle était probablement occupée à l'étage par un logis seigneurial confortable. On distingue une série de baies d'origine, bouchées au XVIè siècle : fenêtres avec traces de grillage, meurtrière, niche et conduit d'une latrine construit dans l'épaisseur du mur.
Les maçonneries réalisées à des époques différentes sont désolidarisées.
Visite de la casemate sud-est. Elle est plus facile d'accès (26 marches).
(les explications proviennent du fascicule délivré à l'entrée pour faciliter la visite du château)